Pas toujours facile de passer une semaine dans un voilier avec des inconnus… Comment gère-t-on au mieux cette forte proximité ? Nous vous donnons les tuyaux pour rester zen en toutes circonstances !
 

"Passer ses journées dans un espace restreint avec autrui - a fortiori des individus avec qui l’on n’a pas de liens affectifs - peut s’avérer de temps à autres pesant, pour diverses raisons : incompatibilité de caractère, problèmes d’ego, situations générant stress ou fatigue, difficulté à trouver un rythme commun ou à dialoguer de façon constructive, inertie de groupe, sexisme… Il semble donc que, en bateau comme en couple, en famille, ou au bureau, le maître-mot soit LA COMMUNICATION. Elle doit être permanente, apaisée, transversale, et c’est bien sûr le moniteur qui anticipe et joue les modérateurs si la situation entrave la bonne marche du stage. Savoir écouter et accepter nos différences font partie des valeurs enseignées aux Glénans ; un stage embarqué représente une occasion unique de créer de l’intimité avec des gens souvent à l’opposé de nous, alors on en profite pour faire preuve d’ouverture d’esprit, et laisser au vestiaire ses blagues sur les blondes, les juifs ou les maghrébins, les parisiens, ceux qui votent à droite ou à gauche. Si un mari vient accompagné de sa femme, et qu’il est plus expérimenté qu’elle en navigation, on s’assure qu’il lui laissera l’espace suffisant pour qu’elle progresse à son tour : tout l’équipage veillera à ce qu’éventuelles démonstrations de supériorité, de surprotection ou de machisme ne freine l’apprentissage d’aucun des stagiaires.

Dans la même veine, personne ne doit être cantonné à la cuisine ou à la vaisselle durant toute la durée du stage ; pour la gestion des tâches quotidiennes, il peut être judicieux de former deux équipes (une sur le pont et une dans le carré) et de les échanger toutes les 24 heures. On ne laisse pas les tire-aux-flancs raser le vaigrage - tout le monde doit participer -, mais on reste flexible quand même, car après tout… les stagiaires sont en vacances ! Le moniteur montrera lui-même l’exemple le plus souvent possible, mais s’il est fatigué après avoir enchaîné plusieurs semaines d’encadrement et que l’énergie lui manque certains soirs, il l’expliquera tranquillement à son équipage ; car le secret d’une communication sereine, c’est de ne jamais trop attendre pour exprimer ses propres limites, tant nerveusement que physiquement. Au contraire, chacun se sentant libre de manifester sa fatigue, la sécurité et la bonne ambiance du bord n’en seront que plus grandes. Idem lorsqu’une personnalité un peu trop envahissante empiète sur l’espace vital de chacun : toujours avec respect et diplomatie, on rappellera que dans cet espace réduit, chacun doit être attentif à ce que l’alchimie et le plaisir partagé du groupe restent une priorité. Un jeune moniteur ne se laissera pas impressionner par un stagiaire plus âgé qui remet en cause son expérience ou cherche à le mettre en échec. De plus, personne ne prendra le risque de se blesser ou de casser du matériel pour se valoriser et montrer qu’il « sait faire ».