Selon les bassins de navigation, la taille du bateau et la compétence de l’équipage, la navigation par gros temps peut prendre des aspects très différents. Voici nos conseils pour ne pas se faire surprendre.
 

Avant la navigation

En premier lieu, chacun doit avoir rangé son sac de vêtements intelligemment, en rendant facilement accessible ce dont on pourrait avoir besoin dans la journée. Ce n’est pas dans 3m de houle qu’on aura envie de passer 10 minutes à retrouver ses affaires de rechange ! Prendre sérieusement la météo est bien sûr indispensable : on confronte les sources d’information et les observations visuelles avant d’opter pour le choix le plus stratégique selon le secteur d’où vient le vent, les capacités de l’équipage et l’état du bateau. On évite de se retrouver vent contre courant, ainsi que près des pointes et des caps, qui peuvent créer de forts effets de site. On repère sur la carte et dans les Instructions Nautiques tous les abris environnants dans lesquels on pourra se replier si besoin : lesquels sont accessibles en fonction de la marée (le port peut être à seuil ou à écluses) ? Ce mouillage est-il suffisamment abrité par fort coup d’ouest ? On vérifie les points d’usure et de rupture critiques du bateau : le mât, les ridoirs, les vannes et les passe-coques. On passe en revue l’état du matériel de sécurité (ligne de vie, feu à retournement, brassières…). Mais de façon générale, on ne sort en mer dans ces conditions que « si on le sent », et il ne faut pas hésiter à modifier votre programme du jour.


La vérification du matériel de sécurité, étape indispensable ! 
 

Pendant la navigation

On veille constamment aux éventuels signes de fatigue, de faim ou de mal de mer de l’équipage - qui doit être attaché par les lignes de vie dans le cockpit - ainsi qu’à l’état du bateau (les ris, le mât, le réglage des voiles), qui doit être parfaitement rangé. On évite les déplacements inutiles. On observe également une veille attentive sur l’eau : par gros temps, dans le Sud par exemple, les pluies diluviennes charrient parfois de gros billots de bois jusqu’à la mer qui peuvent heurter la coque. Il ne faut pas oublier bien sûr de garder un œil sur les autres plaisanciers, les cargos, les pêcheurs… que vous croisez. On contrôle l’évolution de la météo, visuellement et par radio : empire-t-elle ? s’améliore-t-elle ? Doit-on opter pour un autre port ou mouillage de repli ? L’important est de ne pas se faire surprendre ! Dans certaines situations, le vent risque de tourner, transformant votre destination en piège ou vous en interdisant l’accès si la houle se lève trop : cela peut arriver par exemple sur la côte Ouest de la Corse, avec la tramontane. N’oubliez pas d’avoir un contact à terre que vous tenez au courant de votre itinéraire : aux Glénans, si le vent souffle à plus de force 7 établi, le moniteur doit demander au Responsable Croisière de la base l’autorisation de sortir, en plus de donner des nouvelles de l’équipage sur le répondeur Croisière toutes les 48 heures.

La situation est quelque peu différente pour une navigation hauturière : il n’y a pas d’abri possible, on est plus loin des côtes. La préparation du bateau doit donc être plus poussée et sécurisée (dedans comme dehors), la veille doit être est plus attentive, on met un maximum d’équipiers dans le carré, on met en place le tourmentin… Mais cela permet aussi de changer de cap, si besoin, pour se mettre à une allure plus confortable, puisqu’il y a de l’eau à courir.

Après la navigation

Le rangement et le nettoyage du bateau sont une priorité. On vérifie l’état des voiles, et on envoie son équipage se laver, manger et dormir !

Postez votre commentaire
  • Amélie B.

    Posté à 2017-02-08 12:22:26

    Bonjour Etienne,

    Cet article traite de bonnes pratiques pour ne pas se faire surprendre dans de telles conditions, pas de comment naviguer dans force 7 établi et plus. Couvrir ce thème nécessiterait plus d'un article, car bien des paramètres entrent en compte !

    Cordialement
    Amélie

  • Etienne B.

    Posté à 2017-02-07 05:33:46

    Bonjour,
    Vos explications n'expliquent pas trop les manoeuvres de type virement ou empennage par vent à plus de force 7 établi. Les précautions à prendre...que fait-on avec la grande voile? Peu ou pas de voile...Dommage!!!

  • gerard c.

    Posté à 2017-02-06 21:02:02

    merci pour ces conseils