Avec ses 750 places et ses 100 bouées de mouillage, le port de plaisance du Marin est aujourd’hui la plus grande base nautique de la Caraïbe : c’est de cette marina vibrante d’activité que vous partirez et reviendrez de votre stage de croisière aux Antilles. Votre toute dernière manœuvre s’opèrera donc au milieu des nombreux voiliers qui occupent les pontons, avec une caractéristique très formatrice, surtout pour ceux qui n’ont jamais navigué en Méditerranée : l’amarrage « cul à quai », sur pendille ou bouée.
 

D’autant plus délicate si les alizés, qui soufflent travers sur le Marin, sont bien établis, cette manœuvre demande de l’anticipation, et une bonne coordination de tout l’équipage. Ce dernier doit être composé d’au moins quatre personnes : une à la barre, deux aux pointes arrières, et une qui s’occupe de la pendille. À son poste, chaque équipier doit agir rapidement mais calmement, et en synchronisation avec les trois autres : en cas de cafouillage, on risque de heurter plus ou moins violemment un autre bateau, ou de se prendre dans la pendille du voisin avec la quille (ou pire, avec l’hélice du moteur). Afin de garder de la manœuvrabilité, le barreur doit donc en premier lieu s’attacher à bien gérer la vitesse et l’angle de son approche en marche arrière. Avec 15-20 nœuds de travers, on a vite fait de dériver. Des pare-battage ont auparavent été installés sur le flanc du bateau qui risque de toucher ses voisins (sous le vent), ainsi que sur la jupe arrière.

Pendant ce temps, les trois équipiers se tiennent prêts : le premier à entrer en action est celui qui va descendre sur le quai ou le ponton pour frapper l’aussière au vent et retenir le bateau. Il est aussitôt suivi du second équipier en charge de l’autre pointe arrière. Simultanément, l’équipier en charge de la pendille - qu’il vient d’attraper à l’aide de la gaffe - se dépêche de la filer à l’avant du bateau puis de la mettre au taquet en la reprenant au maximum. Le barreur, lui, continue de réguler au moteur si besoin, et les équipiers en charge des pointes arrière font de même jusqu’à ce que la pendille soit à poste sur le taquet : ils frappent alors définitivement ces dernières sur le quai ou le ponton.

Au Marin et dans d’autres ports antillais, la pendille est parfois remplacée par une bouée munie d’un anneau dans lequel on passe une aussière : pour ce faire, il vaut mieux être deux (un qui attrape l’anneau à la gaffe, l’autre qui, penché sur le franc-bord, passe l’aussière dans l’anneau).  Mais la prise de coffre au Marin n’est pas aussi simple qu’il y paraît : les bateaux des Glénans sont hauts sur l’eau, la bouée est lourde… le plus simple est de contacter la capitainerie à l’approche de la marina, afin qu’un agent en bateau à moteur vienne vous aider à la manœuvre : vous lui donnez l’aussière frappée sur le taquet avant, et c’est lui qui se charge de la passer dans l’anneau de la bouée. De manière générale, procéder de cette façon est également un geste de courtoisie envers la marina, qui a ainsi le temps de vous désigner une place attitrée, plutôt que de vous demander de quitter juste après l’amarrage une place qui appartient à un autre bateau et sur laquelle vous ne pouvez rester.
 
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  • Jacques C.

    Posté à 2017-10-05 17:25:36

    il existe aussi un cul a quai sur ancre, votre ancre,a Ponza par exemple dans les îles Pontines face a Rome ( Italie) il faut que vous jetez l ancre puis reculer pour se mettre a quai. Conseil mettez votre ancre le plus loin possible pour ne pas être embêté par les voisins ( risque de mélange) et bien estimer la distance entre l ancre et le quai, pour ne pas vous retrouver trop court, a fond sur l étalingure ! Il existe aussi des petits ports du grand sud (Grèce Turquie) ou le cul a quai ne peut se faire car il n y a pas d'eau au niveau du quai, il faut donc s’amarrer par l'avant avec une ancre sur l'arrière du bateau.

  • Jacques C.

    Posté à 2017-10-05 17:11:43

    Pourquoi la Manœuvre de décrite par Dominique est certainement la meilleure, c que tu ne t arrêtes pratiquement pas donc tu restes manœuvrant en cas d'air traversier. elle se fait a 2 sans problème.

  • Jacques C.

    Posté à 2017-10-05 17:07:11

    la manœuvre de Dominique C. est parfaite, je pratique comme cel

  • Jean Louis S.

    Posté à 2017-09-30 23:37:09

    Ma recommandation pour la pendille méditerranéenne et antillaise : des gants en caoutchouc épais, type travaux!
    Ils vous seront aussi utiles pour le Grand Nettoyage Final.
    Et en Bretagne, les jours de pluie...

    En dynamique, la pendille, ce n'est JAMAIS urgent, ni à l'arrivée, ni (et encore moins) au départ.
    Laisse couler la pendille d'abord!

  • thierry r.

    Posté à 2017-09-29 21:22:37

    C jouable à deux bien en frappant le taquet au vent mais c plus délicat à cause du courant et oui il y en a ds les ports lidéal c de manœuvrer entre deux bateaux avec force tous les pare battages

  • thierry r.

    Posté à 2017-09-29 21:17:22

    Effectivement ça fait du monde à la manœuvre mais c aussi faisable à 3 avec un barreur et 2 équipier qui une fois sur le quai vont donner du mou avec un moteur en marche avant lente pour maintenir une tension dans l'axe et permettre au barreur d'aller mettre la pendille à poste

  • Dominique C.

    Posté à 2017-09-28 11:20:53

    La pendille ou la bouée sont courante en Méditerranée.
    Si l’arrière du bateau est ouvert et qu'on dispose d'un bout long peut :
    - frapper le taquet avant sous le vent,
    - en marche arrière placer la bouée sur l’arrière,
    - passer le bout dans son anneau,
    - reculer en faisant glisser la bouée sous le vent,
    - frapper le taquet avant au vent.
    Tester avec succès au port du Frioul à Marseille.

  • Michel M.

    Posté à 2017-09-28 10:44:44

    Réponse à Fred
    Le "mousqueton" attrape-anneau est actionné par un bout que l'on tient parallèlement à la gaffe. L'extrémité libre de ce bout ayant été préalablement amarrée au taquet avant, on ne peut donc pas le perdre.
    Quant à la gaffe, si elle tombe, elle est censée flotter et peut se récupérer.

  • FREDERIC P.

    Posté à 2017-09-28 10:13:44

    FRED
    Je complète cette belle démonstration. Le ou les "pendilleurs" devront être gantés... tout comme toutes manoeuvres de mouillage se font chaussées. Quant à la gaffe équipée de mousquetons quelques réserves, le prix si on la perd ou qu'elle reste saisie sur l'organeau !.... (Je ne suis pas sûr de l'ortograffe)

  • Jean-Denis M.

    Posté à 2017-09-28 09:30:52

    Merci pour cette description, mais 4 personnes pour une manœuvre? C'est un luxe d'école auquel beaucoup de bords n'ont pas accès! Alors comment gérer au mieux en équipage réduit?